La Fin du France

  • Pitch:

    Le premier volet de la série "Navires de légendes" nous promène entre Le Havre et New York à bord de l' "Ile-de-France", paquebot qui a accumulé les exploits et qui est resté dans le cœur de nombreux marins et passagers. 

    En octobre 1924, dans les chantiers de Penouët, à Saint-Nazaire, commence, pour trente-trois mois, la construction du paquebot "Ile-de-France". Le 31 mai 1927, il rejoint le Havre, son port d'attache, pour relier les deux côtés de l'Atlantique, et entame une traversée qui durera trente-cinq ans. 

    S'il n'est pas le plus rapide, il sera le plus élégant et le plus brave. Comme l'explique Louis-René Vian, historien et expert : "Ce paquebot était le premier paquebot du monde moderne, c'est-à-dire contemporain. Jusqu'alors on faisait des paquebots d'un certain style qui rappelaient à la clientèle qui traversait l'Atlantique – les Européens, et les Américains qui venaient en Europe – leurs grands hôtels, leurs grands palaces. On appelait cela le 'Louis XVI-Ritz'. C'était des copies de style, mais en fait il n'y avait jamais rien qui montrait un style contemporain." 

    Dans les années 20, le président de la Compagnie générale transatlantique met l'intérieur du paquebot au goût du jour : de vastes vestibules, des salons aux boiseries claires rehaussées de baguettes argent, une lumière indirecte à la place des lustres et appliques. L' "Ile-de-France" doit être le plus agréable à vivre. Il est surnommé "la rue de la Paix de l'Atlantique". 

    La Seconde Guerre mondiale éclate ; le navire se réfugie dans le port de New York et refuse de revenir en France. Saisi par les Anglais, il devient transporteur de troupes, et ses quarante et un marins se rallient aux Forces françaises libres du général de Gaulle. Il reçoit la croix de guerre avec palmes. 

    Après la guerre, une nouvelle vie commence, sa capacité est réduite d'un tiers, ce qui n'entame en rien son succès, surtout auprès des Américains. Il s'illustre en portant secours à des navires en détresse, ce qui lui vaudra son surnom de "Saint-Bernard des mers" et quelques décorations. 

    En 1950, il porte assistance à un chalutier au large de Terre-Neuve ; en 1953, il se déroute pour secourir un cargo américain, le Greenville ; il en aidera d'autres, grecs, suédois, italiens... 

    L' "Ile-de-France", outre les océans, a traversé des vies aussi. Le commissaire principal, un mousse, un cuisinier, une femme de chambre, un timonier, un mécanicien livrent chacun un aspect du bateau et racontent la vie à bord. 

    Chacun tient un rôle précis et s'affaire à satisfaire les maîtres des lieux : les clients. Des univers se croisent et se côtoient. Mais l'aventure s'achève en 1959 : l' "Ile-de-France" est racheté par une société japonaise pour démolition puis par la Metro-Goldwyn-Mayer pour une série B dans laquelle il connaîtra son ultime naufrage.

  • Langue(s): français

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